l’histoire du domaine


Le nom Poulaines proviendrait du celte « pull/poull » qui signifie marais.

Une rue du bourg, sur la route de Chabris, porte aujourd’hui encore le nom du Haut-Marais.
Le bourg de Poulaines, longtemps constitué de quelques maisons à 8 km de Valençay, était organisé en paroisse autour de l’église, datant du XII e siècle et remaniée aux XV e et XVIII e siècle.

Le clocher d’origine a été remplacé au XIX e siècle par le clocher actuel, couvert d’une toiture caractéristique en pavillon à l’impériale,surmontée d’une aiguille à huit pans.

Origine du manoir

L’origine du manoir pourrait remonter à une occupation gallo-romaine, le long d’une voie romaine datant de la fin du I er siècle ou du début du II ème.
Cette route reliait le nord de Chabris au sud d’Argentomagus, oppidum gaulois à proximité d’Argenton sur Creuse.

La présence d’une demeure seigneuriale est attestée depuis le Haut Moyen-Age.
Au XVe, le domaine de Poulaines, autrefois fief de la Valvassière, faisait partie de la baronnie de Graçay.
Pierre IV de Graçay , signeur de Diors,Chabris et Poulaines.
Perenelle de Graçay épouse Antoine du Boys.
Leur fille, Catherine du Boys, épousa François Herpin,(fils de Louis Herpin et de Louise du Plessis Richelieu)

La façade sud avec ses contreforts, partie primitive du manoir, a été profondément modifiée.

L’apogée du manoir

L’apogée du manoir de Poulaines remonte au XVI e siècle, avec les travaux encore visibles sur la façade nord.
Cette dernière,bâtie dans le style Renaissance,dans les premières années du XVI e siècle est caractéristique de son époque avec ses fenêtres à meneaux et sa lucarne à coquille.

La chapelle qui s’élevait en équerre à l’entrée du manoir, a disparu.

Il est difficile de déterminer comment se rattachait aux autres constructions ou à la chapelle,la tour hexagonale à gauche du manoir.

Des fossés profonds entouraient le manoir.

La belle grille en fer forgé provient de l’ancien couvent des Feuillants de Limoges.
Elle a été placé par Victor de Brettes,qui l’a recueilli de l’héritage de sa soeur, chanoinesse de Malte.

Si l’on ne connait pas le nom d’architectes associés aux restaurations du manoir de Poulaines dans les siècles passés, on sait que des archives du domaine dont une partie des actes de propriété ainsi que la bibliothèque ont été transférées en 1762 à Châteauvieux.

XVI ème siècle,âge d’or du domaine

René Herpin, fils de François, écuyer sieur de la Sasnière et de Poulaines, épousa Marie du Moustier.
Une description des agencements de l’époque permet d’avoir une idée plus précise de l’aspect du manoir .
« le jardin était divisé en carrés séparés par de belles et larges allées sablées; une première bordure face au perron était réservée aux plantes aromatiques et médicinales….elle tranche avec les autres manoirs de la paroisse: la demeurance, alias la Valvassière, a gagné indéniablement le titre de « castel de Poulaines » » (source Claude Rioland: Poulaines,un village témoin de l’évolution de la ruralité en Berry des origines à 1815, préface Marc du Pouget).

XVII ème siècle

Louis Herpin, fils de René, devint seigneur de Poulaines et agrandit le domaine par nombreuses acquisitions, dont la métairie de la Porte, en 1608.
Cette métairie prend son nom de part sa situation auprès de l’habitation seigneuriale.
La même famille occupa Poulaines plusieurs générations et ce jusqu’au début du XVIIIe siècle.
Au décès d’Alexandre de Crespin, sa veuve, enceinte, quitta Poulaines qui tomba rapidement en ruines.

XVIII ème siècle

La mère d’Alexandre épousa en seconde noces Jacques de Noblet qui entrepris des travaux considérables.
A sa mort en 1741 le domaine est vendu à Hyppolite de Coudreau.
A son décès, sa femme Jeanne de la Marche, regagne le Château de Châteauvieux et emporte avec elle les nombreux livres de la bibliothèque et l’ensemble des archives.
Ces archives n’ont pas encore été étudiées.

Fin XVIII eme

Jean-Baptiste Hippolyte Godeau,fermier général, acheta Poulaines (sans la métairie de la Porte) et le transmit à sa fille ainée Marie-Josephine qui épousa Victor de Brettes au milieu du XIXème siècle.
Le corps de bâtiment fermant le quadrilatère du manoir fut détruit par Victor de Brettes.
Il sera remplacé par le séquoia que l’on voit aujourd’hui dans l’avant cour.
La dépendance située au nord-est n’est pas présente sur les plans du domaine de la fin du XVIII e siècle.
Il s’agit d’écuries et de communs construits au XIXème siècle par la famille Brettes.
Leur gendre, Martial de Brettes, militaire et botaniste (un herbier avec les plantes endémiques de la Région de Valençay est gardé à Limoges) fut longtemps maire de Poulaines.
Sous son administration furent construit le presbytère,la mairie et l’école des garçons.
Son épouse dota le clocher, après sa reconstruction, d’une nouvelle cloche.
La famille Brettes occupa la partie principale du domaine jusqu’à la moitié du XXe siècle.
Ce sont eux qui commandèrent au curé du village, Eugène Duroisel,fin du XIX e siècle, la monographie « Poulaines, la seigneurie et les fiefs environnants »

XX ème siècle à nos jours

Vers 1950, il devint la propriété de Monsieur Brillard, architecte.

La partie principale du domaine fut rachetée aux descendants Brillard par les actuels propriétaires en 1991.
Grace à l’appui d’élus passionnés par leur histoire locale,la monographie a été transmise à la propriétaire actuelle qui a entrepris de reconstituer le domaine dans son intégralité par le rachat de parcelles.
Dix ans ont été nécessaires pour reconstituer la métairie avec le rachat au printemps 2014 du dernier bâtiment qui,un temps, fit office de cinéma au village de Poulaines.
Le domaine intègre aujourd’hui son logis, ses communs,son écurie, ses bâtiment agricoles et des jardins.

(d’après les études réalisées par la société d’architecture Perrot-Richard et l’APJRC)