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16 ET 17 SEPTEMBRE

THEATRE AUX JARDINS


Week-end Journées Européennes du Patrimoine.

Samedi 16 et dimanche 17 : 12h – 18h. Visite avec la propriétaire à 15h.

Tarif réduit 6,5 €. Gratuit pour les moins de 12 ans.

Samedi 16 à 19h. Retour d’André Salzet autour d’une lecture théâtralisée « Madame Bovary » de Flaubert, suivi d’un cocktail dînatoire en présence de l’artiste.

Lecture + cocktail dînatoire : 40 € (30 € pour les moins de 15 ans).

André Salzet © DR
André Salzet © DR

L'artiste André Salzet

Madame Bovary , Gustave Flaubert

Lecture théâtralisée

adaptation et interprétation : André Salzet

direction de jeu : Sylvie Blotnikas

lumières: Ydir Acef

musiques : Bizet, Carl Off, Chopin, Yvette Guilbert, Liszt, Rossini

Durée : 1h05

Production / diffusion compagnie Carpe Diem Argenteuil (licence Drac N° 2-1035973 )  soutenue par  la Ville d’Argenteuil et le Conseil Général du Val d’Oise.

mail : theatre.carpediem@free.fr     site : http://theatre.carpediem.free.fr/       01 34 10 21 21   /   06 86 91 55 62   

Note d’intention

Emma Bovary est une lectrice de romans sentimentaux qui déforment sa vision de la réalité et de l’amour. Elle veut faire de sa vie ce roman qu’elle a lu plus jeune.

« Madame Bovary, c’est moi ». Cette affirmation supposée de Gustave Flaubert

– boulimique de lectures lui aussi – peut laisser penser que l’écrivain trouve dans l’écriture de son roman une manière de donner à voir sa propre « maladie ».

Le temps d’écriture de Madame Bovary est très long (1851 à 1856). Cinq années pendant lesquelles Flaubert remanie les multiples feuillets, les rature et les corrige méticuleusement jusqu’à trouver le mot qui convient, du point de vue du sens mais aussi du son.

Puis, il lit à voix haute son texte pour en éprouver la fluidité, il le passe à l’épreuve du « gueuloir », il en peaufine la richesse lexicale, les effets rythmiques et sonores.

C’est un labeur difficile. Il écrit : « Tantôt, à 6 heures, au moment où j’écrivais le mot attaque de nerfs, j’étais si emporté, je gueulais si fort et sentais si profondément ce qu’Emma éprouvait, que j’ai eu peur moi-même d’en avoir une. »

À la suite de son empoisonnement à l’arsenic, Emma crache un liquide noir comme de l’encre. Comme Flaubert qui, dans son travail crache et rejette une forme de littérature romantique.

Emma constate son inadéquation avec la société dans laquelle elle vit. Mais alors qu’elle renonce et meurt, Flaubert trouve sa raison de vivre dans l’écriture, sublimation de la vie dans l’art : « Ce qui me semble beau, ce que je veux faire, c’est un livre sur rien, un livre qui se tiendrait de lui-même par la force de son style ».

Notre adaptation de Madame Bovary met en avant le minutieux travail d’écriture de Flaubert, son imaginaire concret, visuel, plastique et sensuel.

Elle fait aussi écouter les subtilités de l’humour flaubertien. Oui, Madame Bovary a des accents drôles et amusants contrastant avec l’atmosphère pesante de l’œuvre, avec l’esprit étriqué de la petite bourgeoisie provinciale.

Le ton en est donné dès le début, lors de l’arrivée de Charles au collège : « Charles tenait sa casquette entre les mains. Composée de trois boudins circulaires avec des losanges de velours et de poils de lapin, c’était une de ces pauvres choses dont la laideur muette a des profondeurs d’expression comme le visage d’un imbécile ».

Et par la suite, les éléments comiques abondent : les noms des personnages à consonance bovine – Bovary, Tuvache, les situations parodiques (Rodolphe écrivant à la mode romantique sa lettre de rupture avec Emma), le caractère de Charles (« La conversation de Charles était plate comme un trottoir de rue. Il rentrait tard, minuit quelquefois. Il demandait à manger, Emma le servait, puis il s’allait mettre au lit, se couchait sur le dos et ronflait »).

C’est une œuvre qui mérite d’être lue, une lecture qui mérite d’être entendue pour être mieux appréciée, un roman à lire et à écouter.

André Salzet

L’adaptation

L’adaptation est au service de l’écriture de Flaubert. Elle incite à en savourer le style, les descriptions réalistes ainsi que les situations humoristiques dans lesquelles l’écrivain plonge ses personnages.

Elle est centrée sur les personnages d’Emma, de son mari Charles Bovary, de ses amants Léon et Rodolphe, et du boutiquier Lheureux qui contribue à la ruine financière des Bovary.

Charles commence et finit l’histoire, comme si, au fond, il en était le personnage central.

Autour d’une table et d’une chaise, le comédien se déplace, les feuillets à la main, et s’adresse aux spectateurs pour leur raconter l’histoire et interpréter les dialogues et les personnages.

La musique (Bizet, Carl Off, Chopin, Yvette Guilbert, Liszt, Rossini) soit en intermède, soit en ambiance ainsi que les lumières d’Ydir Acef  soulignent la jubilation de l’écrivain.

Gustave Flaubert

1821 – 1880

 « Il y a en moi, littérairement parlant, deux bonshommes distincts : un qui est pétri de gueulades, de lyrisme, de grands vols d’aigle, de toutes les sonorités de la phrase et des sommets de l’idée ; un autre qui fouille et creuse le vrai tant qu’il peut. »

Gustave Flaubert, 16 janvier 1852

Programmation en cours

Festival de Sciez-sur-Léman (74) le 25/08/16, Jardins de Poulaines (36) le 16/09/17…

André Salzet

Comédien et directeur de la compagnie Carpe Diem (Argenteuil), André Salzet suit les cours de l’Ecole Charles Dullin, puis participe à des ateliers avec Pierre Debauche, Catherine Anne, Célie Pauthe et Nicolas Briançon.

En 1987, il joue au Théâtre de l’Epée de Bois dans Volpone de Ben Jonson et Tamerlan de Christopher Marlowe, mises en scène d’Antonio Diaz Florian. En 1989, il joue dans le film du Théâtre du Soleil La Nuit Miraculeuse réalisé par Ariane Mnouchkine.

Convaincu que la parole des romanciers, conteurs et nouvellistes a aussi sa place dans l’espace du théâtre, il adapte et interprète des textes de Boris Vian, Guy de Maupassant, Stefan Zweig, Franz Kafka, Michel Quint, Ramón Sender, Arthur Schnitzler…

Il est actuellement en tournée avec Le Joueur d’Echecs de Stefan Zweig, La Colonie Pénitentiaire de Franz Kafka et Rêves d’amour d’après Guy de Maupassant.

Sylvie Blotnikas

Formée au cours d’Art Dramatique Jean Périmony, elle a joué dans les trois pièces qu’elle a écrites et qui ont été montées par Julien Rochefort au Théâtre du Poche-Montparnasse : Antoine et CatherineEdouard dans le tourbillon et Strictement amical.

Elle a été nominée Révélation féminine aux Molières 2001 en tant que comédienne et auteur pour Antoine et Catherine.

Elle a tourné au cinéma et à la télévision entre autres avec Nicole Garcia, Arnaud Desplechin, Pierre Richard, Denys Granier-Deferre, Serge Moati, Edouard Molinaro.

Elle a également écrit le scénario du téléfilm Drôle de Noël.

Dernièrement, elle a adapté et mis en scène au Lucernaire Pyrénées ou le voyage de l’été 1843 d’après Victor Hugo avec Julien Rochefort.

Extrait 1

« À douze ans, Charles fut mis au collège. Il avait les cheveux coupés droit sur le front, comme un chantre de village, et l’air fort embarrassé. Il tenait sa casquette entre les mains. Composée de trois boudins circulaires avec des losanges de velours et de poils de lapin, c’était une de ces pauvres choses dont la laideur muette a des profondeurs d’expression comme le visage d’un imbécile.

Le professeur lui demanda son nom. Le nouveau articula, d’une voix bredouillante, un nom inintelligible. Prenant alors une résolution extrême, il lança à pleins poumons ce mot : Charbovari. Ce fut un vacarme dans la classe, on hurlait, on répétait : Charbovari ! Charbovari.

Sa mère lui fit ensuite étudier la médecine. Charles n’y comprit rien ; il avait beau écouter, il ne saisissait pas. Il échoua complètement à son examen. Sa mère l’excusa et arrangea la chose avec les examinateurs. L’année suivante, il apprit d’avance toutes les questions par cœur et il fut reçu, mais au grade inférieur, comme officier de santé. »

Extrait 2

« Six semaines s’écoulèrent. Rodolphe s’était dit, le lendemain des comices :

– N’y retournons pas de sitôt, ce serait une faute. Si du premier jour Emma m’a aimé, elle doit, par l’impatience de me revoir, m’aimer davantage. Continuons donc !

Et il comprit que son calcul avait été bon lorsqu’il lui rendit visite chez elle. Il lui dit :

– Je pense à vous continuellement !… Si je ne suis pas venu vous voir, cependant chaque nuit, je me relevais, j’arrivais jusqu’à votre maison, je regardais la petite lampe à travers les carreaux. Ah ! pardon !… Non, non, il vaut mieux que je vous quitte maintenant… Adieu !… Vous n’entendrez plus parler de moi !… Et pourtant, je ne sais quelle force encore m’a poussé vers vous !

C’était la première fois qu’Emma s’entendait dire ces choses.

– Oh ! Vous êtes bon ! dit-elle dans un sanglot.

On entendit un bruit dans le vestibule, c’était Charles, son mari, qui rentrait.

– Bonjour, docteur, lui dit Rodolphe.  Madame m’entretenait de sa santé… Je me demandais si l’exercice du cheval ne serait pas bon pour elle.

  • Excellent, parfait ! dit Charles… Voilà une idée ! La santé avant tout !

L’OBS  « Madame Bovary bien soignée. Ce n’est pas l’intrigue, c’est le style de du roman qui est génial. D’où la réussite du spectacle  de Sylvie Blotnikas qui se contente de resserrer. André Salzet dit le texte en s’effaçant derrière les personnages, discrétion que Flaubert aurait hautement approuvée. Et le public fait chorus avec lui. » (Jacques Nerson 6/07/17).

CULTURE-TOPS  Excellent. Magistral André Salzet. Son adaptation de “Madame Bovary” est un régal : elle distille l’atmosphère du roman, ne gardant que l’essentiel (la pièce se joue en 80 minutes) sans jamais trahir le texte de Flaubert. La justesse des portraits, des situations, les pointes d’humour féroce, le tragique sous l’ironie, tout est là. » (Charles Chatelin 30/06/17).

THÉÂTRAL MAGAZINE  Coup de cœur. Comme pour Le joueur d’échecs de Stefan Zweig, la pleine réussite de Madame Bovary vient de la qualité de l’adaptation. Les scènes les plus importantes résonnent et semblent apparaître de la voix et du corps du comédien. On est transportés, virevoltant comme Emma Bovary au bal du marquis d’Andervilliers et, comme elle, on a hâte d’être de nouveau invité à cette expérience grandiose. (Hadrien Volle 27/06/17).

FROGGY’S DELIGHT  Une très belle adaptation qui ravira les adeptes du roman et permettra à ceux qui ne l’ont pas lu de le découvrir. La mise en scène de Sylvie Blotnikas se met très intelligemment au service de l’incroyable performance du comédien, interprétant à lui tout seul l’ensemble des protagonistes du roman sans changement de costume, mais par la force d’incarnation de son corps et de sa voix. (Cécile B.B. 16/06/17).

THÉÂTRE CLUB    Adaptation tout à fait remarquable. C’est une véritable performance. André Salzet fait vivre seul en scène un roman aussi foisonnant. En tant que superbe narrateur, il retraduit avec brio l’immense talent littéraire de Charles Flaubert à travers ce chef d’œuvre de la littérature française que représente Madame Bovary. (Alain Toutous 23/06/17).

LA GRANDE PARADE  André Salzet : Monsieur Bovary, c’est lui ! Sylvie Blotnikas met en scène le spectacle avec concision, perfection. L’acteur est en adéquation totale avec l’œuvre. C’est un ravissement pour qui aime les beaux textes et les belles histoires. (La Grande Parade – Guillaume Chérel 1/07/17).

DMPVD THÉÂTRE-SPECTACLES-CULTURE  Un véritable tour de force que celui de restituer le roman de Flaubert avec un seul comédien. L’adaptation sonne juste tant elle redonne vie à l’ambiance, l’ennui, les rêves… Quelques mots bien sentis, des notes d’humour appuyées par une gestuelle éloquente, des personnages croqués en quelques détails ou postures. André Salzet est entré en complicité avec Charles et Emma Bovary, et osons le dire, avec Flaubert lui-même. (Pûme 2/07/17).